BLOGUE

ARTICLE

BLOGUE

ARTICLE

J'AI ABANDONNÉ OBSIDIAN IL Y A 3 ANS.

VOICI POURQUOI C'ÉTAIT LA BONNE DÉCISION (À CE MOMENT-LÀ)

Entrepreneure stressée à son bureau à domicile, se rongeant les ongles devant son portable affichant une liste de tâches avec une échéance manquée.

Par Steph, la Frondeuse  |  23 juin 2026  |  Série "2e cerveau" — Chronique 1

(Ce texte fait partie d'une série de chroniques que je rédige sur mes explorations d'Obsidian et de Claude.ai.)

RETOUR IL Y A 3 ANS

Il y a 3 ans, j'ai fermé Obsidian pour la dernière fois.

Pas parce que l'outil était mauvais. Parce que je n'arrivais plus à justifier le temps que je devais passer à entretenir ce beau système-là, toutteee à la mitaine.

Je vais te raconter comment j'y suis arrivée, parce que je pense que beaucoup de monde qui lit ceci s'est retrouvé au même endroit — devant un système magnifique sur papier, en train de se demander pourquoi ça ne collait pas dans la vraie vie.

 

LA DÉCOUVERTE

Je l'avais trouvé en tombant sur une vidéo d'Elliot Meunier sur la gestion des connaissances. Et je suis littéralement — comme souvent — tombée dans un Rabbit Hole. Le genre de soirée où tu commences à chercher "comment mieux gérer mes connaissances" et tu te retrouves 2 heures plus tard à lire des threads Reddit sur le Zettelkasten, en te demandant comment t'es rendue là.

Pour celles qui ne connaissent pas : le Zettelkasten, c'est une méthode de prise de notes inventée par le sociologue allemand Niklas Luhmann. L'idée, c'est de ne jamais prendre une note isolée. Chaque idée que tu captures se relie à d'autres idées déjà présentes dans ton système, pour former un réseau vivant — un peu comme un cerveau externe qui se densifie avec le temps. Luhmann en a écrit environ 90 000, à la main, sur des fiches papier, et ça lui a permis de publier plus de 70 livres. Le concept, une fois qu'on le comprend, est vertigineux : plus ton réseau grandit, plus il devient facile d'y trouver des connexions inattendues entre des idées qui n'avaient, en apparence, rien à voir.

Le concept m'avait allumée instantanément. Créer un réseau d'idées interconnectées, un vrai 2e cerveau — c'est-à-dire un système externe qui capture, organise et relie tout ce qu'on apprend, pour qu'on n'ait plus à tout retenir soi-même — qui capture et relie tout ce qu'on apprend. Exactement ce dont j'avais besoin. Moi, la curieuse insatiable, en perpétuel mode apprendre-appliquer-transmettre, qui lit dans dix domaines différents en même temps et qui perd la moitié de ce qu'elle apprend faute d'un endroit pour le ranger.

Fack, j'ai installé Obsidian.

J'ai regardé des tutoriels. Beaucoup de tutoriels. J'ai créé mes premières notes avec les bons tags, les bons liens, la bonne structure. J'avais mon système de dossiers, mes conventions de nommage, mes templates. J'étais fière de mon setup. Honnêtement, ça avait de l'allure.

Les premières semaines, c'était même euphorisant. Chaque nouvelle note se sentait comme un petit dépôt dans un compte d'épargne intellectuel. Je lisais un article sur la charge mentale des mères entrepreneures, je créais une note, je la reliais à une autre sur la gestion du temps, qui elle-même se reliait à une réflexion sur mes propres patterns de procrastination. Je voyais, pour la première fois, la forme de ma propre pensée s'étaler devant moi sur un canevas visuel. C'était grisant. Je me disais que j'avais enfin trouvé le système qui allait me suivre pour le reste de ma vie professionnelle.

Puis la réalité m'a rattrapée. M'a happée de plein fouet.

 

LE PROBLÈME DONT PERSONNE NE PARLAIT

Maintenir le système, c'était du boulot. Du vrai travail. Pas juste "prendre deux minutes pour noter une idée" — un vrai deuxième chantier, en parallèle de tout le reste.

Voici à quoi ça ressemblait concrètement. Chaque source dont je prenais connaissance — un article, un livre, une vidéo — demandait une note de lecture en bonne et due forme. Chaque note demandait des liens vers d'autres notes pertinentes. Les liens demandaient que je sache ce que j'avais déjà écrit ailleurs dans le vault — sinon, comment relier une idée neuve à une idée ancienne si je ne me souviens même plus de l'idée ancienne? Et pour savoir ce que j'avais déjà écrit, il fallait que j'aie le temps de relire, de recroiser, d'organiser. De temps en temps, de réviser une vieille note à la lumière d'une nouvelle lecture.

C'est un cercle qui, sur papier, est magnifique. Dans la vraie vie, entre deux mandats clients, deux enfants et un agenda qui déborde, c'était juste impossible.

Concrètement, ça ressemblait à ça : je terminais un mandat client à 16 h, je récupérais les enfants à la garderie et à l'école, on soupait, on faisait les devoirs, les bains, les dodos — et vers 20 h 30, si j'avais encore de l'énergie, je m'assoyais devant mon vault avec la ferme intention de "juste faire une note vite fait". Une note "vite fait" prenait 25 à 30 minutes quand je la faisais correctement : relire mes surlignages, résumer l'essentiel, chercher dans mes notes existantes si un concept similaire avait déjà été abordé, créer les liens, ajuster les tags. Après une semaine de travail à temps plein plus deux enfants, il ne restait à peu près jamais 30 minutes de qualité intellectuelle disponible à 20 h 30.

J'ai tenu bon, quelques semaines. Puis les notes de lecture se sont accumulées sans être traitées — un dossier "à faire" qui gonflait plus vite que je pouvais le vider. J'ouvrais mon vault, je voyais la pile de sources non traitées, et au lieu de me sentir motivée, je me sentais coupable. Le système censé alléger ma charge mentale était devenu une charge mentale de plus. Et à un moment donné, j'ai arrêté d'en faire, parce que ça ne servait à rien d'empiler des notes que je ne prendrais jamais le temps de relier à quoi que ce soit. Fack, j'ai fermé Obsidian.

Et pendant longtemps — vraiment longtemps — j'ai cru que c'était ma faute.

Que je n'avais pas la discipline. Que le Zettelkasten, c'était pour les universitaires ou les développeurs — des gens qui ont des horaires prévisibles, des blocs de temps dédiés, une seule "casquette" à la fois. Pas pour quelqu'un comme moi, qui jongle avec cent choses en même temps et qui change de sujet dix fois par jour.

C'était une erreur de diagnostic.

 

CE N'ÉTAIT PAS UN PROBLÈME DE MOTIVATION

Le vrai problème, ce n'était pas ma discipline. C'était le ratio effort / valeur.

Ce système me demandait plus d'énergie à maintenir qu'il ne m'en retournait. Pas parce que le concept était mauvais — il était excellent, et il l'est toujours. Mais parce qu'il manquait un maillon essentiel : quelqu'un, ou quelque chose, pour faire le travail de maintenance à ma place. (Oui, je rêve beaucoup en couleurs.)

Sauf qu'en 2022, aucun outil ne réglait ce problème-là. Tu pouvais optimiser ta structure. Améliorer tes templates. Affiner ta méthode de prise de notes. Lire encore plus de guides sur "comment bien faire du Zettelkasten". Mais au bout du compte, tu étais seule à construire et à entretenir le jardin. Chaque nouvelle source lue ajoutait une nouvelle tâche manuelle. Le système ne s'allégeait jamais — il s'alourdissait, note après note, jusqu'à devenir un poids plutôt qu'un outil.

Quitter Obsidian était la bonne décision. Pas parce que ça ne valait pas la peine, mais parce que les conditions n'étaient pas encore réunies pour que ça fonctionne — pour moi, avec ma réalité, à ce moment précis de ma vie.

 

CE QUI A CHANGÉ

Il y a quelques semaines, en scrollant sur YouTube, je suis tombée sur une vidéo qui montrait quelque chose que je n'avais jamais vu : Claude Code branché directement dans un vault Obsidian, utilisant la méthode LLM Wiki d'Andrej Karpathy pour maintenir un réseau de connaissances de façon semi-automatisée. (Oui, j'écris cette phrase sans respirer — tu peux donc la lire sans respirer dans ta tête.)

L'idée derrière la méthode LLM Wiki, en gros : au lieu que ce soit toi, humaine, qui lises chaque source, qui identifies les concepts, qui écrives les résumés et qui traces les liens à la main — tu délègues cette mécanique à une IA qui a accès à ton vault. Elle lit, elle résume selon ton format, elle repère les concepts et les entités mentionnés, elle va voir ce qui existe déjà dans ton jardin de connaissances, et elle tisse les liens. Toi, tu gardes la partie qui compte vraiment : décider quoi lire, réagir à ce qu'elle a écrit, orienter, corriger, approfondir.

L'IA ne remplace pas la réflexion que je dois faire. Mais elle prend en charge la mécanique.

Capturer une source, créer la note de lecture structurée selon mon format, identifier les concepts mentionnés, tisser les liens avec ce qui existait déjà — tout ça, Claude peut le faire en quelques minutes. Ce qui me prenait 30 minutes par note de lecture se fait maintenant en 2 minutes maximum. Et surtout : le système reste vivant même si je ne l'entretiens pas moi-même. Je vis le rêve.

Ce qui a rendu ça possible, techniquement, c'est que Claude Code peut lire et écrire directement dans les fichiers du vault — pas juste répondre dans une fenêtre de clavardage séparée de mon système. Il lit une source que je lui donne, il regarde ce qui existe déjà dans mon jardin de connaissances, il crée ou enrichit les bonnes notes, et il journalise ce qu'il a fait pour que je puisse suivre l'évolution du système dans le temps. La différence avec 2022 n'est pas que "l'IA existe maintenant" — ChatGPT existait déjà l'an dernier. La différence, c'est que l'IA peut maintenant agir dans mes outils existants, plutôt que de me forcer à copier-coller entre deux fenêtres.

Et il y a un deuxième changement, plus subtil : je ne suis plus seule à décider de la structure. Je discute avec Claude de comment organiser une nouvelle catégorie de notes, il me propose des angles que je n'aurais pas vus, je corrige, on ajuste. C'est un aller-retour, pas un monologue. Le système continue de porter ma signature — mes catégories, mon vocabulaire, mes priorités — mais je n'ai plus à porter seule le poids de la maintenance.

Je suis revenue sur Obsidian le 6 mai. Mon vault a maintenant plusieurs semaines. Il contient déjà des centaines de notes interconnectées sur l'entrepreneuriat, la gestion des connaissances, mes vies professionnelles antérieures — et des connexions entre tout ça que je n'aurais jamais tracées manuellement. Des liens que je ne voyais même pas avant, parce que je n'avais jamais eu le temps de reculer assez loin pour les remarquer.

 

CE QUE JE RETIENS

Abandonner un outil, ce n'est pas un échec.

Le Zettelkasten, comme beaucoup de systèmes de gestion des connaissances, était en avance sur les outils disponibles pour le soutenir. L'idée était juste. La pratique demandait plus que ce qu'une personne seule pouvait raisonnablement donner, surtout une personne qui gère une entreprise, une famille, et une curiosité qui ne s'arrête jamais.

Si tu as déjà essayé Obsidian, Notion, ou n'importe quel système de notes ambitieux — et que tu as lâché prise après quelques semaines — dis-toi que c'est probablement pas toi le problème. Ce n'est pas un manque de discipline. C'est un problème d'outillage.

Et demande-toi plutôt : est-ce que les conditions ont changé depuis?

Parce que pour moi, 3 ans plus tard, elles ont changé. Pour le mieux.

 


Dans la prochaine chronique : comment une vidéo YouTube m'a convaincue de tout recommencer à zéro — et pourquoi cette fois, c'est différent.

ARTICLES DE BLOGUE

La différence entre un outil IA et un partenaire IA

La différence entre un outil IA et un partenaire IA

Je te l’avais promis à la fin de la dernière chronique : aujourd’hui, on parle de la différence entre un outil et un partenaire. C’est une distinction qu’on entend beaucoup en ce moment, dans à peu près tous les contenus sur l’intelligence artificielle — mais elle reste souvent abstraite, presque marketing. Je vais te la montrer avec un exemple précis, tiré d’une vraie journée de travail dans mon système, pas d’une théorie.

Un outil exécute. Un partenaire propose.

La commande qui fait le ménage dans mon cerveau à ma place.

La commande qui fait le ménage dans mon cerveau à ma place.

Dans la dernière chronique, je t’ai montré les chiffres bruts de mon jardin de connaissances : 107 sources traitées, 71 concepts reliés entre eux, 51 entités qui reviennent d’une source à l’autre. Je t’ai aussi laissée sur un aveu, presque en passant : qu’il restait des pages orphelines, des liens cassés résiduels, du ménage qui n’est jamais tout à fait terminé dans un jardin vivant.

Et j’ai promis de revenir sur la commande qui s’occupe de ce ménage à ma place, parce que c’est peut-être la partie la plus étonnante de tout ce voyage — plus étonnante encore que les chiffres d’ingestion eux-mêmes.

La voici : /lint.

Mon cerveau externe a 11 semaines. Voici ce qu’il contient déjà.

Mon cerveau externe a 11 semaines. Voici ce qu’il contient déjà.

Le 6 mai 2026, j’ai posé une structure vide. Une coquille bien construite — 8 dossiers numérotés, chacun avec un rôle clair, chacun avec ses propres règles écrites noir sur blanc — mais sans contenu. Je t’en ai parlé dans la dernière chronique : ce jour-là, mon seul travail avait été architectural. Décider où chaque type de contenu allait vivre, et pourquoi.

11 semaines plus tard, cette coquille a arrêté d’être vide.

J’ai restructuré tout mon système de connaissances en une journée. Voici comment.

J’ai restructuré tout mon système de connaissances en une journée. Voici comment.

Dans la dernière chronique, je t’ai parlé de la vidéo qui m’a convaincue de rebrancher Obsidian après 3 ans d’abandon — Andrej Karpathy, le LLM Wiki, Claude Code branché directement dans le Vault. Ce que je n’ai pas détaillé, c’est ce qui s’est passé ensuite, concrètement, dans les jours qui ont suivi cette vidéo.

Et surtout : ce qui s’est passé le 6 mai 2026, la journée où j’ai littéralement démoli et reconstruit l’architecture de mon vault.

ÉTUDES DE CAS

Mélissa Lapierre de Communication futée, souriante dans un fauteuil de velours vert

SoS Courriels pour Mélissa Lapierre

Voici comment j’ai aidé Mélissa à reprendre le contrôle de sa boîte de réception pour retrouver sa tranquillité d’esprit, avec SoS Courriels.