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J'AI RESTRUCTURÉ TOUT MON SYSTÈME DE CONNAISSANCES EN UNE JOURNÉE.
VOICI COMMENT.

Par Steph, la Frondeuse | 14 juillet 2026 | Série "2e cerveau" — Chronique 4
(Ce texte fait partie d'une série de chroniques que je rédige sur mes explorations d'Obsidian et de Claude.ai.)
Dans la dernière chronique, je t'ai parlé de la vidéo qui m'a convaincue de rebrancher Obsidian après 3 ans d'abandon — Andrej Karpathy, le LLM Wiki, Claude Code branché directement dans le Vault. Ce que je n'ai pas détaillé, c'est ce qui s'est passé ensuite, concrètement, dans les jours qui ont suivi cette vidéo.
Et surtout : ce qui s'est passé le 6 mai 2026, la journée où j'ai littéralement démoli et reconstruit l'architecture de mon vault.
Parce que voir une bonne idée dans une vidéo, c'est une chose. La traduire en structure de dossiers qui va tenir la route pendant des années, c'en est une autre. Et c'est cette deuxième partie-là dont personne ne parle jamais dans les tutoriels — parce qu'elle n'est pas sexy, parce qu'elle ressemble à du ménage, parce qu'elle n'a rien d'un moment "eurêka" filmable.
Pourtant, c'est probablement la décision la plus structurante de tout mon retour vers Obsidian.
CE À QUOI ÇA RESSEMBLAIT AVANT
Mon vault de 2023 — celui que j'avais abandonné, celui dont je t'ai parlé dans la première chronique — n'avait jamais eu de vraie architecture.
Des notes, un peu de tout, empilées sans logique de séparation claire entre ce qui était brut (un article que je venais de lire, une idée notée en vitesse) et ce qui était digéré (une idée que j'avais vraiment intégrée, reliée à d'autres, comprise en profondeur).
Pas de distinction non plus entre ce qui était permanent dans ma vie professionnelle — ma stratégie d'entreprise, par exemple — et ce qui avait une date de fin précise, comme un événement ou un atelier ponctuel.
Quand j'ai relancé le projet début mai, portée par l'élan de la vidéo, ma première tentative gardait exactement ce même problème.
J'avais un dossier 01 Wiki pour la connaissance, correct jusque-là. Mais j'avais aussi un dossier 04 Projets fourre-tout qui contenait pêle-mêle ma stratégie d'entreprise — qui n'est jamais "finie", qui évolue en continu — et un atelier prévu pour le 2 juin, qui allait, lui, clairement se terminer une fois livré.
C'est le genre de mélange qui a l'air parfaitement correct pendant 2 semaines. On se dit "c'est juste temporaire, je vais trier plus tard". Puis "plus tard" n'arrive jamais, et le dossier devient un cimetière de todo lists qu'on arrête de consulter, parce qu'il n'y a plus moyen de distinguer l'urgent du permanent, l'actif du terminé.
Je connaissais déjà ce piège.
Je l'avais vécu avec Notion, avant Obsidian.
Je l'avais vécu avec des cahiers papier, avant Notion.
Le problème n'était jamais l'outil. C'était l'absence d'une règle claire pour décider où une chose devait vivre.
LA QUESTION QUI A TOUT DÉBLOQUÉ
Je me suis arrêtée.
Pas pour ajouter du contenu — pour réfléchir à la structure elle-même.
Et je me suis posé une seule question, en apparence toute simple : "Est-ce que cette chose-là a une date de fin, ou pas?"
Ma stratégie d'entreprise : pas de date de fin. Elle va continuer à exister, à évoluer, tant que j'aurai une entreprise. Impossible de la "compléter" un jour.
Mes finances, mon Contenu & Médias, ma réflexion stratégique long terme : même chose. Des casquettes que je porte en continu, jamais des projets qu'on coche.
Un atelier prévu pour le 2 juin : date de fin claire et connue d'avance. Une fois livré, c'est terminé. Ça peut — ça doit — s'archiver.
Cette distinction-là — permanent versus borné dans le temps — c'est en fait une méthode de gestion de la productivité assez connue, qu'on appelle le PARA : Projects, Areas, Resources, Archives, popularisée par Tiago Forte.
Je ne l'ai pas inventée, et je ne prétends pas avoir découvert quelque chose de nouveau sous le soleil. Mais je ne l'avais jamais appliquée à mon système de connaissances avant ce jour-là — je connaissais le concept en surface, sans jamais l'avoir vraiment implémenté avec rigueur. Et une fois que j'ai vu à quel point elle réglait mon problème précis, celui du dossier fourre-tout, je ne pouvais plus revenir en arrière.
L'ARCHITECTURE QUI EN EST SORTIE
En une seule journée, j'ai scindé et renuméroté tout le vault.
Voici la structure qui en est sortie, celle que j'utilise encore aujourd'hui :
- 00 Sources — les matières premières, en lecture seule. Articles, livres, études, podcasts, vidéos, journaux personnels, cours. Rien n'est "traité" ici. Tout attend d'être lu, digéré, ingéré vers le jardin.
- 01 Jardin — le cœur du système. Renommé de "Wiki" à "Jardin" quelques jours plus tard, une fois que le mot juste s'est imposé — parce que "jardin" capture quelque chose que "wiki" ne capturait pas : l'idée que ça pousse, que ça demande de l'entretien, que ce n'est jamais fini. Entités, concepts, sources digérées, synthèses. C'est là que la connaissance vit vraiment, reliée, cherchable, structurée.
- 02 Journaux — mes entrées quotidiennes, le fil chronologique brut de ma vie.
- 03 PowerMoves — la planification stratégique long terme, les arbitrages majeurs.
- 04 Domaines — mes casquettes permanentes. Stratégie, Contenu & Médias, Finances. Jamais "finies". Toujours actives. Le test : si dans dix ans je porte encore ce chapeau-là, c'est un Domaine.
- 05 Projets — ce qui est borné dans le temps, avec une date de fin identifiable dès le départ. Une fois livré, ça se déplace dans 05 Projets/Archives, hors de mon champ de vision actif, mais toujours consultable si besoin.
- 06 Bilans — hebdomadaires, mensuels, trimestriels, annuels. Ma mémoire de réflexion dans le temps.
- 07 Compétences — mes skills Claude, la mécanique documentée qui fait tourner tout le reste.
Ce n'est pas juste une question de rangement esthétique. C'est une question de charge mentale — et c'est là que ça devient intéressant pour n'importe qui, pas juste pour les gens qui aiment ranger des dossiers.
POURQUOI SÉPARER DOMAINES ET PROJETS A TOUT CHANGÉ
Avant cette séparation, je n'avais aucune façon fiable de savoir, en ouvrant mon vault un lundi matin, si une tâche appartenait à quelque chose qui allait un jour être "fini", ou à quelque chose qui allait toujours exister sous une forme ou une autre, indépendamment de ce que je faisais cette semaine-là.
Résultat : tout finissait dans la même liste mentale.
Et une liste où ma stratégie d'entreprise à cinq ans côtoie l'achat de matériel pour un atelier d'un après-midi, c'est une liste que le cerveau arrête inconsciemment de prendre au sérieux. On ne sait plus où mettre son énergie, alors on ne la met nulle part avec intention — on réagit, on éteint des feux, on perd le fil du pourquoi.
Maintenant, quand j'ouvre 04 Domaines, je sais exactement ce que je suis en train de regarder : mes responsabilités permanentes, celles qui n'auront jamais de case "complété" à cocher — et ce n'est pas un problème, c'est simplement leur nature. Elles demandent un entretien continu, pas une finition.
Quand j'ouvre 05 Projets, je sais que tout ce qui s'y trouve a une trajectoire claire vers Archives. Ça va se terminer. Le fait même de pouvoir un jour fermer un dossier, de le voir physiquement sortir de mon champ de vision actif et se déplacer vers les archives, ça libère un espace mental que je ne savais même pas que je dépensais activement à essayer de me souvenir de ce qui était fini ou pas.
C'est un peu la différence entre une garde-robe où tout est mélangé — les vêtements de tous les jours avec le costume que tu as porté une fois à un mariage il y a trois ans — et une garde-robe où le quotidien est à portée de main, et où ce qui appartient au passé est rangé ailleurs, accessible si besoin, mais pas dans ton chemin tous les matins.
CE QUE JE N'AI PAS FAIT CE JOUR-LÀ
Je n'ai pas tout réingéré ce 6 mai. C'est important de le dire, parce que ça casse un peu le mythe de la journée miracle. Le vault du 6 mai était une structure vide — une coquille bien construite, avec des dossiers bien nommés et des fichiers CLAUDE.md définissant les règles de chaque espace, mais sans le contenu réel qui allait progressivement la remplir.
Les semaines suivantes ont servi à y faire entrer, une source à la fois, ce qui existait déjà dans mes vieilles notes et ce qui continuait d'arriver au fil de mes lectures. Certains ajustements sont même venus après coup — le renommage de "Wiki" à "Jardin" est arrivé une semaine plus tard, une fois que j'ai réalisé que le mot portait mieux ce que je vivais.
Je reviendrai sur cette phase de remplissage dans une prochaine chronique, avec les chiffres réels : combien de sources, combien de concepts, combien de semaines pour que ça commence à ressembler à quelque chose de vivant.
Ce jour-là précis, mon seul travail a été architectural : décider où chaque type de chose allait vivre, et surtout pourquoi. Le genre de décision qu'on ne prend jamais quand on est en mode "je remplis des dossiers au fur et à mesure que les besoins apparaissent" — et qu'on ne peut vraiment prendre que quand on s'arrête, qu'on regarde l'ensemble d'un seul coup, et qu'on accepte de perdre une journée entière à ne "produire" en apparence rien de concret.
LA VRAIE LEÇON DE CETTE JOURNÉE-LÀ
C'est peut-être ça, la vraie leçon : la restructuration n'a pas pris seulement une journée parce que j'étais particulièrement efficace ou parce que j'avais un plan préétabli. Elle a pris une journée parce que j'ai enfin arrêté de bâtir en marchant, et que j'ai pris le temps de dessiner le plan avant de couler le ciment.
Dans mon travail avec mes clientes, je vois souvent la même hésitation face à ce type de pause. L'instinct, sous pression, c'est de continuer à empiler du contenu dans une structure qu'on sait déjà bancale, parce qu'arrêter pour repenser l'architecture a l'air d'une perte de temps face à la pile de choses "urgentes".
Mais une structure bancale ne devient jamais moins bancale en ajoutant du contenu dessus — elle devient juste plus lourde à réparer plus tard. Le meilleur moment pour repenser les fondations, c'est toujours avant d'avoir construit trop d'étages dessus.
Dans la prochaine chronique : ce que le vault contient aujourd'hui, avec les chiffres réels.
ARTICLES DE BLOGUE
La différence entre un outil IA et un partenaire IA
Je te l’avais promis à la fin de la dernière chronique : aujourd’hui, on parle de la différence entre un outil et un partenaire. C’est une distinction qu’on entend beaucoup en ce moment, dans à peu près tous les contenus sur l’intelligence artificielle — mais elle reste souvent abstraite, presque marketing. Je vais te la montrer avec un exemple précis, tiré d’une vraie journée de travail dans mon système, pas d’une théorie.
Un outil exécute. Un partenaire propose.
La commande que j’utilise chaque semaine pour ne plus jamais perdre une idée.
Dans la dernière chronique, je t’ai parlé du ménage — la commande /lint qui inspecte mon j ardin et me signale ce qui cloche. Aujourd’hui, je te parle de l’autre moitié du système. Celle qui vient avant le ménage. Celle qui remplit le jardin.
C’est la commande ingère.
La commande qui fait le ménage dans mon cerveau à ma place.
Dans la dernière chronique, je t’ai montré les chiffres bruts de mon jardin de connaissances : 107 sources traitées, 71 concepts reliés entre eux, 51 entités qui reviennent d’une source à l’autre. Je t’ai aussi laissée sur un aveu, presque en passant : qu’il restait des pages orphelines, des liens cassés résiduels, du ménage qui n’est jamais tout à fait terminé dans un jardin vivant.
Et j’ai promis de revenir sur la commande qui s’occupe de ce ménage à ma place, parce que c’est peut-être la partie la plus étonnante de tout ce voyage — plus étonnante encore que les chiffres d’ingestion eux-mêmes.
La voici : /lint.
Mon cerveau externe a 11 semaines. Voici ce qu’il contient déjà.
Le 6 mai 2026, j’ai posé une structure vide. Une coquille bien construite — 8 dossiers numérotés, chacun avec un rôle clair, chacun avec ses propres règles écrites noir sur blanc — mais sans contenu. Je t’en ai parlé dans la dernière chronique : ce jour-là, mon seul travail avait été architectural. Décider où chaque type de contenu allait vivre, et pourquoi.
11 semaines plus tard, cette coquille a arrêté d’être vide.
Une vidéo YouTube m’a convaincue de rebrancher un outil que j’avais abandonné
Je scrollais sur YouTube comme une humaine normale.
Pas dans un but précis. Juste ce moment de fin de journée où ton cerveau a besoin de se poser mais pas tout à fait d’arrêter. Le genre de scroll semi-conscient où tu regardes ton téléphone sans vraiment le regarder. Et là, l’algorithme m’a mis devant quelque chose que je n’avais pas demandé — et qui a tout changé.
La vidéo montrait concrètement la proposition d’Andrej Karpathy : utiliser un LLM pour maintenir son propre wiki de connaissances dans Obsidian.
ÉTUDES DE CAS
SoS Courriels pour Mélissa Lapierre
Voici comment j’ai aidé Mélissa à reprendre le contrôle de sa boîte de réception pour retrouver sa tranquillité d’esprit, avec SoS Courriels.





